hommage à Henri Leconte.
il est des joueurs qui vous marquent, pas tant par leurs palmares, mais bien par leurs talents, leurs personnalités et les émotions qu'ils font naître en vous: Henri Leconte est l'un de ses joueurs là. De ce clan des Mystiques et Magiciens d'une balle parfois brillante, parfois rétive, toujours jaune pr nous faire voir. Voir des coups jamais vus car jamais tentés, un jeu à la fois génial et de cristal, brillant et fragile à la fois.
mon éveil pr le tennis fut la finale de 1988, finale que tt le monde attendait et dont même mon paternel, qui ne jure que par la p'tite reine s'était plu à regarder, pur chauvinisme.
Ma mère elle, voulait voir le match parce qu'il était beau, Henri, et que son coneiller en relations publiques, un jeune avocat, Nicolas Sarkozy
(qu'on aperçoit derrière ses lunettes fumées sur cette vidéo à 1'04 à la gauche de Patrice Dominguez) lui avait conseillé d'aller émouvoir la ménagère de - de50ans, dans une émission de variétés, présentée par
jean luc lahaye, débarquez moi, qui s'était vu remettre l'une des raquettes de la demie finale à jean luc. c'est dire les raisons sportives de ma mounette
toujours est il que la finale,
ct 14 juillet avant l'heure: patrouille de france, marseillaise chantée par sardou, et une ambiance coupe daviesque! Ambiance qui tourna vite au cauchemard...
j'ai pr souvenir du match mon père qui râle contre
"ses français qui gagnent qu'à moitié, comme toujours", et surtout, surtout, des sifflets que ce mec se prend au moment de son discours de remise de trophée: je ne comprenais pas ce qu'il avait fait de mal pr s'entendre
conspuer de la sorte. je trouvais ça completement injuste, surtout après son parcours, parce que
Boum Boum Becker (observez la postion du juge de ligne DERRIÈRE sa chaise pr se protéger des services du BB), quand bien même sur terre, c pas un
cadeau (double demi finaliste Porte d'Auteuil).
et pourtant, henri leconte a(vait) un bras d'une
fulgurance et d'une vista proprement phénomales. depuis laver et dans une moindre mesure, McEnroe, personne ne tentait des coups aussi difficiles, et les réussissait (parfois): attention, florilège!
-
poteau de filet rentrant contre chang
- re bande de filet contre
Mayotte
-
passings de revers, retours fulgurants
des gestes venus d'ailleurs sertis d'une technique
unique, avec une seule et même prise pr TOUS LES COUPS!
la prise ouverte de coup droit. (NB: la caution technique de ce monsieur sur l'à propos de la pertinence du niveau de jeu induit par la prise unique d'henri leconte ne regarde que lui. force est de constater que ce même monsieur, aux prises plus marquées, n'a jamais atteint 2x les demies à wimb et la finale de RG.)

vous interrogiez vous ? Comment est ce possible? Et bien,
Monica-du-63 le fait bien elle aussi, alors, si c'est pas une preuve, ça

Surtout, la majorité des joueurs de cette période ont appris avec des prises ouvertes, dont Rod Laver, (honneur au plus ancien, mais loin d'être ridicule face à)
Jimmy Connors et ses prises de coup droit des 2 mains pour exécuter son revers,
McEnroe, à l'opposé de celui qui allait révolutionné le tennis avec un jeu basé sur le lift et un revers à DEUX mains,
Borg.
- un service
difficile à lire, avec un
lancer de balle tres bas (ralenti à 0"36)
- un jeu panache,
tres agressif, basé sur une prise de balle précoce, une variation de hauteur et d'angles, illustré ici face à
Pat Cash. plutôt que sur la puissance pure. Il s'exprimait le mieux sur des échanges en 3/4 frappes, mais savait aussi adapter son jeu à la
terre battue, où il recherchait plutôt à jouer dans le dos de l'adversaire, en
déviation, amorties, par un jeu de jambes aérien lui permettant de
couper les angles. Alors il n'y a plus à s'étonner des résultats d'Henri en grands chelems puisque ces meilleurs résultats, paradoxe suprême, eurent lieu sur les 2 surfaces diamétralement opposées: la lente terre française, et le vert gazon anglais.
- la volée de revers sauté, le premier à l'
exécuter, à l'instar du passing entre les jambes de Y. Noah, du smash retourné par dessus l'épaule de Nastase, ou du smash "dunk" de sampras.
Et ce jeu incroyable, en finesse, constamment sur le fil du rasoir, vit son apogée un week end de novembre 1991.
apres avoir subi 3 opération du dos, donné perdu pour le tennis, Henri Leconte est sélectionné, et bat
Pete Sampras, n°3 mondial, en
3 sets secs, puis à (presque) lui tout seul, le lendemain en double face à la paire
Flach Seguso
Jusqu'à l'éclosion de Roger Federer, on avait plus vu pareil artiste sur le court. D'aucun rétorqueront que Sampras fut un immense serveur volleyeur, proposant un jeu d'attaque extrêmement complet. Pour autant Sampras s'appuyeait d'abord et avant tout sur sa puissance, à travers son service et son coup droit, alors que Leconte profitait de son exceptionnel jeu de poignet (allez tenter de taper un
revers avec une prise ouverte de coup droit, sa
prise Copperfield comme il le dit lui même

) et d'un toucher de balle de funambule pour agresser son adversaire. Jouant plus près des lignes, il était aussi plus à même de faire des fautes. De funambule il pouvait devenir clown ou acrobate, selon les
jambes, la
santé, l'humeur et l'envie.Car Henri carbure à la faim, à la soif, à l'émotion, la
communion avec un public, désormais retrouvé.Enfin. En faim.
Relancé par la
victoire de coupe Davis, affublé d'un nouveau surnom, le Vengeur Masqué débarrassé des scories de
Riton fit un parcours magnifique à 29ans, atteignant les demies finales en 1992. (alors même que Noah l'avait évincé quelques mois plus tôt de la rencontre de coupe davis)
Dernier tournoi (9 seulement, si peu à la vue du talent) gagné sur le gazon de
Halle,
Merci Henri, on t'aura compris, l'artiste, et il n'est jamais trop tard pour saluer ta carrière

(et puis, Henri a "osé" terminé sa carrière avec la
Fischer monoshaft, façon vieille école! il a tout osé vous disais je
* édit* corrigeant les quelques coquilles, j'ai dû me tromper de touche et j'ai ré éditer le sujet.
toutes mes excuses.
cette version est de fait, celle mise à jour, la 1.01